Bannière Réseau international d'écoles doctorales en sociologie/sciences sociales
Rechercher

Bienvenue sur le site du RéDoc

Bienvenue sur le site du RéDoc, réseau international d’Ecoles doctorales en sociologie/sciences sociales, créé par l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF), avec l’appui de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF). Pour en savoir plus, cliquez ici.

Via Calenda – Appel à communication pour Journée d’étude : « Retour sur le tournage: Le tournage dans le processus de création cinématographique et audiovisuelle » (Paris, France)

Publié le jeudi 6 août 2015 à 9 h 27 min par Amélie Groleau.

Date limite : 15 novembre 2015.

Cet appel à communication est lancé dans le cadre d’une journée d’étude qui se tiendra à Paris le 29 février 2016. Elle vise à rassembler les doctorant-e-s de différentes disciplines afin d’échanger sur la thématique du tournage au cinéma et en audiovisuel.

Argumentaire

Cette journée d’études a pour vocation de réunir des doctorants autour de la thématique du tournage dans le cinéma et l’audiovisuel. Le tournage est l’un des moments clés du processus de création d’un film. Aussi a-t-on longtemps reconnu à ce « passage à l’acte cinématographique » (Vincent Pinel) qui fait entrer le projet d’un film dans sa phase de réalisation concrète une valeur centrale dans l’économie du cinéma.

Mais les évolutions techniques, professionnelles et économiques du cinéma ont récemment ébranlé ce qui donnait au tournage une importance aussi reconnue dans le processus de création cinématographique et audiovisuelle. Depuis peu, les innovations technologiques liées à l’avènement du numérique ont profondément étendu les possibilités de tournage grâce à la réduction des coûts et des contraintes de temps. Or, en ouvrant plus largement le champ du tournage aux amateurs ou en simplifiant les pratiques de prise de vues, elles ont peut-être aussi modifié le sens et la portée du tournage.

Ces récentes évolutions, dont il pourra être intéressant d’examiner les effets pendant cette journée d’études, donnent une idée de la place qui fut celle du tournage dans l’histoire du cinéma et de l’audiovisuel. Parmi les multiples questions que peut soulever cette vaste thématique, nous proposons d’interroger le rôle du tournage dans le processus de création cinématographique et audiovisuelle, des origines à nos jours.

Axes thématiques

Cette problématique centrale pourra être articulée autour des axes d’étude suivants, proposés à titre de pistes :

– Sources et archives de tournage :

Les documents historiques intéressant l’histoire des tournages sont nombreux. Ils frappent aussi par leur diversité : devis de tournage, croquis, maquettes de décors, storyboards, photographies de plateau ou de tournage, etc. On devine néanmoins quels biais certains d’entre eux risquent d’introduire dans l’analyse. Que l’on songe par exemple aux photographies de plateau ou aux making of : à lire sans précaution ces documents conçus et exécutés à des fins promotionnelles, les chercheurs s’exposent à n’y trouver qu’une image faussée et orientée de tel ou tel tournage. Pourtant, consulté avec rigueur, ce type de matériel publicitaire peut s’avérer précieux, même au sujet de ces films dont il ne renvoie qu’un reflet partiellement fidèle.

– Tournage et genèse des films :

Les interventions qui exploiteront les méthodes de la critique génétique des films, dont le principe est de confronter le scénario et les sources de tournage aux films, seront bienvenues. Une source ou une archive de tournage raconte souvent plusieurs histoires : en consultant ces documents, le chercheur peut voir se dérouler sous ses yeux tout ce qu’un film aurait pu être, tout ce qu’il n’a pas été. Il sera sans doute fécond de retracer tous ces possibles d’un film, comme autant d’informations indirectes sur son économie propre. D’autres questions pourront être posées : quelle part du film doit-on précisément au tournage, par opposition au scénario ou aux autres étapes de la « préparation » ? Quelles sont les nouveautés qu’apporte le tournage par rapport à ces autres moments de création d’un film dont il est vu comme le prolongement ? Quelles sont les conditions de la spontanéité et de l’improvisation sur un tournage ?

– Le tournage ou le cinéma au travail :

Espace de formation, de collaboration, mais aussi de contrainte, le tournage est, dans la majorité des cas, une pratique professionnelle. En tant que tel, il est soumis à quantité de règles formelles et informelles de répartition des compétences. Comment s’organise réellement la division du travail à l’intérieur de l’équipe technique ? Quel rôle joue le réalisateur dans ce cadre ? Que signifie exactement la distinction entre les professions dites techniques et les autres professions ? Il ne s’agira pas de répondre à des questions aussi larges de manière tranchée et définitive, mais de proposer des pistes de réflexion touchant à ces interrogations en s’appuyant sur des exemples précis liés à la thématique du tournage.

– Tournage et contexte légal :

Le chercheur qui travaille sur la question du tournage ne peut ignorer les règles d’ordre juridique (cartes professionnelles, conventions collectives, autorisations de tournage, etc.) qui s’imposent aux professionnels du cinéma. Ce sont aujourd’hui de telles prescriptions qui différencient, par exemple en France, les « films sauvages » et ceux dont la sortie en salles est autorisée. Aussi sera-t-il intéressant d’étudier le lien qu’il y a entre le droit et la pratique concrète des tournages et par là d’interroger les frontières, souvent perméables, qui séparent les activités professionnelles et amateurs. Cette porosité pourra être étudiée au travers d’exemples précis : encouragement aux pratiques amateurs au sein de studios professionnels comme Dailymotion ou Youtube, fonction des « bureaux d’accueil de tournage », etc.

– Tournage, histoire des techniques et industrie :

L’histoire du septième art est marquée par différentes périodes de rupture ou de transition, notamment d’ordre technologique, qui font évoluer les contraintes pesant sur les tournages et soulignent l’importance de différents enjeux : un enjeu économique (élévation potentielle des coûts de production, succès ou échec de la pénétration d’une technologie sur le marché cinématographique), mais aussi technique (maîtrise de la technologie en question), organisationnel (apparition, disparition ou transformation de certains métiers, modifications des conditions de tournage à l’instar des nouvelles exigences introduites sur les plateaux lors du passage au parlant), ou encore esthétique (évolution de la mise en scène à l’occasion de l’introduction d’un nouveau format de cinéma, par exemple). Les analyses développant des approches d’ordre socio-économique seront ainsi les bienvenues. Il s’agira, par exemple, d’étudier comment les studios de production ont pu promouvoir une technologie ou une marque en mettant le processus créatif au service de celle-ci. Ces réflexions pourront conduire à poser d’autres questions proches : comment des choix de nature commerciale peuvent-ils influer sur l’esthétique et le tournage des films ? Comment certains cinéastes, au contraire, se définissent-ils ou se sont-ils définis à rebours de cette dynamique promotionnelle, tout en exploitant à leur manière les potentialités d’une technique ?

– Mythologies du tournage :

De toutes les étapes de la création d’un film, le tournage est sans doute la plus connue du public. C’est pourquoi on pourra, entre autres exemples, proposer un commentaire critique de tous ces documents qui prétendent nous introduire, selon une grammaire souvent comparable, dans les « coulisses du cinéma » : reportages écrits ou audiovisuels, interviews in situ, etc. Monté sur une grue, collant son œil à une caméra, s’adressant à l’aide d’un haut-parleur à une foule de techniciens, ou encore assis sur une chaise pliable marquée de son nom : ces images bien connues du réalisateur au travail mettent en récit une certaine idée du tournage. Il pourra être intéressant d’analyser ce genre de représentations, qui ne se limitent pas à la glorification de la figure du réalisateur. Il sera aussi possible d’interroger certaines représentations attachées à la pratique même du tournage : image hyperbolique et dramatique du « tournage maudit », valeur de liberté artistique du tournage « en plein air » ou loin des studios, etc. Il s’agira, plus généralement, de se poser la question suivante : en quoi le tournage a-t-il été l’un des lieux où s’est forgée la mémoire collective du cinéma ?

Modalités d’envoi des propositions

Cet appel est ouvert à tout(e) doctorant(e), quelles que soient son université et la discipline dans laquelle il ou elle est inscrit(e).

Les propositions de communications, d’une quinzaine de lignes, devront mentionner les éléments suivants :

  •  Nom, prénom de l’intervenant(e)
  • Institution de rattachement
  • Discipline(s)
  • Intitulé de la thèse et nom du directeur ou de la directrice de recherche
  • Adresse mail
  • Titre de la communication

Elles seront à envoyer par courrier électronique aux trois adresses suivantes :

clemence.allamand@hotmail.fr

antoine.guichard@outlook.com

caroline.guigay@gmail.com

Calendrier

  • 15 novembre 2015 : date limite d’envoi des propositions de communication
  • 1er janvier 2016 : réponse et communication des propositions retenues après évaluation par le comité scientifique
  • 29 février 2016 : journée d’études

L’annonce complète est disponible sur le site de Calenda.

Les commentaires sont fermés.


9e Université d’été du RéDoc à Ottawa, juin 2018

La prochaine Université d’été (9e) aura lieu au Canada à l'université d'Ottawa du 18 au 22 juin 2018 sur le thème « De l’observation à la production de connaissances : les médiations dans la recherche en sciences sociales », sous la responsabilité de Nathalie Mondain (Université d'Ottawa). Le texte d'orientation est disponible ici.