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Bienvenue sur le site du RéDoc, réseau international d’Ecoles doctorales en sociologie/sciences sociales, créé par l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF), avec l’appui de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF). Pour en savoir plus, cliquez ici.

Appel à communications : « L’émergence en question : catégorie politique, approches critiques », Paris.

Publié le vendredi 23 octobre 2015 à 15 h 58 min par Romain Paumier.

Date limite : 30 novembre 2015

Date : mercredi, le 16 mars 2016, de 9:00 à 18:00

Local : EHESS, 105 bd Raspail, 75006 Paris, salle 13

 

 

APPEL À COMMUNICATIONS

JOURNÉE D’ÉTUDE DE DOCTORANTS

L’« ÉMERGENCE » EN QUESTION : CATÉGORIE POLITIQUE,

APPROCHES CRITIQUES

 

 

 

Avec la participation de :

Sylvie CAPITANT (Paris I) & Guénolé MARCHADOUR (Université Lumière Lyon 2)

Table ronde de clôture avec :

Serge PAUGAM (EHESS, CMH) & Helena HIRATA (Paris VIII, CRESPPA)

 

Argumentaire

Qu’est-ce que l’« émergence »? Conçue par des organismes financiers privés, le concept de « marchés émergents » a d’abord servi à nommer le phénomène de la participation croissante dans l’économie mondiale de certains pays en dehors de l’axe nord-atlantique. Il est néanmoins de plus en plus employé dans des buts politiques et même culturels. Ce terme est même passé de la description à la normativité : politiciens, décideurs politiques, économistes et universitaires/chercheurs cherchent à créer une formule ou typologie pouvant à la fois expliquer ce que c’est que l’« émergence » et servir en guise d’étalon aux pays souhaitant basculer de leur présent état à celui de l’ « émergence ».

L’émergence a pris des contours politiques notamment à travers l’appropriation du concept par les pays nommés « émergents » eux-mêmes. Ce concept s’est rapidement converti en une plate-forme de critique, bien que limitée, de l’ordre international – la création du G20 et les discussions sur l’élargissement du Conseil de Sécurité découlent de cette politisation de l’émergence économique.

Cette politisation complexifie le sujet et suscite des questions sur l’hétérogénéité des pays compris dans le concept d’émergence : est-ce suffisant de parler de participation dans le marché mondial ? Ne faudrait-il aussi parler de réduction de la pauvreté ? D’une plus grande participation dans les décisions internationales ? Des propositions d’une nouvelle forme d’organisation de leur société/économie et des relations internationales?

L’analyse des différents parcours des pays vers leur « émergence » nous mène aussi à des questions de fond sur le pourquoi et le comment du fait que l’ensemble du monde n’est toujours pas arrivé à la position de « développé ». Où est la source de l’émergence : l’ouverture des marchés, la force des institutions nationales ? Aurait-il un événement précis signalant le tournant pour ces pays ou bien faut-il comprendre ce phénomène comme quelque chose d’inscrit sur la longue durée ?

Dans cette dernière hypothèse, le regard se tourne vers l’Europe et les conditions de possibilité de son développement : la domination impériale ayant crée des marchés captifs pour asseoir ses industries et, plus tard, le pouvoir militaire britannique qui a garanti l’application des théories de libre-échange dont a bénéficié, encore une fois, une grande partie des pays aujourd’hui dits «développés ». La discussion sur l’émergence mène ainsi à la discussion sur la victoire du modèle libéral-moderne sur la vision développementaliste de la globalisation; et sur la vision européocentrée de l’histoire du monde, où l’Europe continue à être au plus haut de l’échelle. Compte tenu des conditions politico-historiques de notre époque, quelles seraient les voies possibles pour les pays « en développement » ? Les pays émergents auraient-ils trouvé la réponse à ce défi qu’est l’ascension de l’échelle du développement ? L’« émergence » serait-elle une position possible et désirable pour tous les pays, ou les pays émergents seraient-ils dans une position de changer l’ordre international et en finir avec les distinctions opposant les pays développés à ceux “en développement” ? Si tel était le cas, les pays émergents représentent-ils une menace pour l’ « Occident » ? Quelles sont les réponses de ce dernier face à ce phénomène et aux possibilités qu’il ouvre?

 

Axes thématiques

Plusieurs axes d’analyse sont ainsi ouverts par la critique du concept d’émergence. La journée d’étude sera organisée sur trois axes : (1) pauvreté et politiques de développe- ment; (2) relations internationales; et (3) genre, race et classe.

  1. Pauvreté et développement. Le développement et la réduction de la pauvreté sont devenus des thèmes centraux dans la définition d’émergence, grâce à l’appro- priation faite par les pays émergents de ces termes. S’y ajoutent des propositions d’un nouveau modèle de développement (ou des tentatives de créer des alternati- ves à la globalisation libéral-modernisatrice). Dans ce contexte, quelques questions s’imposent : la pauvreté est-elle déterminante dans la définition d’émergence ? Si oui, comment la pauvreté est-elle arrivée à cette position ? L’augmentation de la pauvreté serait-elle donc un facteur de déclassement des pays développés ? Comment se construisent les nouveaux modèles de développement ? Sont-ils vraiment « nouveaux », capables d’établir de différentes relations entre les pays, ou est-ce qu’il s’agit de la même configuration avec des nouveaux acteurs ? Quelle est l’importance pour ces pays émergents de se placer en tant que puissances interna-

tionales dans la lutte contre la pauvreté ? Comment s’y prennent-ils pour combattre ce mal ?

  1. Relations internationales. De quelle façon les États dits « émergents » se sont appropriés de ce concept ? Dans sa dimension rhétorique, quelles sont les formes de « création de l’image » que les pays utilisent – ou sont employés sur eux pour former une image d’émergence ? Comment les pays plus pauvres (ou qui partici- pent peu dans le marché international) se rapportent à cette idée ou à cet idéal? Est-il possible que tous les pays émergent, ou y a-t-il une limite ? L’« émergence » serait-elle réductible à des formules de politique publique applicables à d’autres pays souhaitant atteindre cette position ? A-t-elle le potentiel de changer les rela- tions internationales et de les démocratiser ? Les émergents seraient-ils les hérauts d ‘un nouvel ordre ? Ou bien s’agit-il d’une réorganisation du système qui ne touche pas à ses bases hiérarchiques, où les émergents ne cherchent qu’à se faire une place dans le panthéon des puissances ?
  2. Genre, race et classe. L’émergence est généralement mesurée par des catégories très abstraites: les agrégats macro-économiques, la participation dans les institu- tions de la politique internationale, la capacité à influencer ces institutions. Le troi- sième axe de la journée se propose de penser la catégorie “émergence” dans son rapport avec le contexte matériel et immédiat des individus, leur capacité d’agir sur la politique ou l’amélioration de leur niveau de vie. Encore une fois, il s’agit de ques- tionner si l’émergence signifierait aussi l’émergence d’un nouveau modèle socio- économique ou si elle ne signifie que la réification des mêmes structures économi- que, politiques, sociales et même culturelles dans les pays du Sud. Il n’y a que les pays qui émergent ou les individus et populations peuvent aussi y participer ?

Les doctorant-e-s et jeunes chercheur-se-s sont invité-e-s à proposer des communications originales avançant une vision critique de l’émergence sur un ou plusieurs axes de la jour- née.

 

Calendrier

30 novembre 2015 : date limite d’envoi des propositions au comité d’organisation

sous la forme d’un résumé de 3 000 à 5 000 signes, enregistrées sous format .docx ou .odt, devront être expédiées par la voie électronique aux adresses : izadora.x@gmail.com et flavioeiro@gmail.com. Les noms, prénoms, affiliation(s) et adresse mail des auteur-e-s sont également à faire figurer dans le document.

14 décembre 2015 : le comité d’organisation informera aux auteur-e-s des proposition retenues par le comité scientifique.

15 février 2016 : date limite d’envoi des textes rédigés au comité d’organisation (envi- ron 20 000-25 000 signes).

16 mars 2016 : réalisation de la journée d’étude

 

Comité scientifique :

Delphine ALLES (Paris-Est Créteil) Phannete BARRAL (CIRAD)

Guénolé MARCHADOUR (Université Lumière Lyon 2)

 

Comité d’organisation : Izadora XAVIER (Paris VIII) et Flávio EIRÓ (EHESS)

 

Bibliographie indicative :

AMINE Abdelmajid, « La grande distribution dans les pays émergents : caractéristiques, enjeux et perspectives », Marché et organisations 1/2012 (N° 15), p. 117-141.

ASHER, R. (1962). Development of the emerging countries : An agenda for research. Wa- shington, D.C: The Brookings Institution.

COLBURN, Forrest D. Good-bye to the ‘Third World’. Dissent, 2006, Vol.53(2), pp.38-41

GAMBOTTI Christian, « Gabon, pays émergent », Géoéconomie, nᵒ 1, p. 159–13. JAFFRELOT Christophe, L’enjeu mondial, Paris, Presses de Sciences Po (P.F.N.S.P.) «Annuels », 2008, 350 pages.

PAUGAM Serge. (2012). Les formes contemporaines dans la disqualification sociale (Con- temporary Forms of Social “Disqualification”). Ceriscope, P 26 (2012), 26.

PONS-VIGNON Nicolas, « Quand l’arc-en-ciel s« estompe : »”Afrique du Sud est-elle un pays émergent ? », Revue Tiers Monde, nᵒ 3, p. 119-123.

SHAW, Timothy M. ; COOPER, Andrew F. ; CHIN, Gregory T. Emerging Powers and Africa: Implications for/from Global Governance? Politikon, 2009, Vol.36(1), p.27-44

TIERS MONDE (Revue). Dossier « Émergents : le temps des désillusions », 2014/3 (n° 3). 250 pages.

TRÉPANT Inès, « Pays émergents et nouvel équilibre des forces », Courrier hebdoma- daire du CRISP, nᵒ 6, p. 6-57.

 

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