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Bienvenue sur le site du RéDoc

Bienvenue sur le site du RéDoc, réseau international d’Ecoles doctorales en sociologie/sciences sociales, créé par l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF), avec l’appui de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF). Pour en savoir plus, cliquez ici.

 

Le RéDoc en chiffres c’est :

9 Universités d’été avec

475 chercheur.e.s juniors et

117 chercheurs seniors de

22 pays différents !

10e Université d’été du RéDoc à Neuchâtel en 2019 !

Publié le vendredi 14 septembre 2018 à 15 h 06 min par Pauline Neveu.

10ème Université d’été du RéDoc 

Langues et langages des sciences sociales

 

organisée par

l’Institut de Sociologie de l’Université de Neuchâtel

le Programme Doctoral Romand en Sociologie

et le

Réseau international d’Écoles doctorales en sociologie/sciences sociales (AISLF)

 

Dépôt des candidatures sur le site du RéDoc : 14 septembre au 2 novembre 2018

Tenue de l’Université d’été : 24 au 28 juin 2019

Lieu : Faculté des lettres et des sciences humaines/Institut de sociologie, Université de Neuchâtel, Suisse

 

Pour s’inscrire

Présentation du thème

Les sciences sociales se caractérisent par une diversité de langagesLangages théoriques et conceptuels, d’abord, qui font que, par exemple, là où certains voient un habitus, d’autres parlent de compétences interpersonnelles. Langages méthodologiques, ensuite, qui demandent aux adeptes de la recherche qualitative de dépasser leur réticence devant le travail de leurs collègues statisticiens et vice-versa. Langages disciplinaires, aussi, qui constituent des barrières à la connaissance lorsque diverses disciplines des sciences sociales s’intéressent à des objets similaires et rendent difficile le travail interdisciplinaire. Et enfin, registres de langue et canaux de communication, selon que les chercheur/ses s’adressent à des pairs imprégnés d’un habitus académique, ou qu’ils tentent de communiquer leur science à un public général qui peut parfois se montrer réfractaire à la complexité intellectuelle.

 

À cette diversité des langages s’ajoute le plurilinguisme du travail scientifique. De plus en plus, les chercheur/ses en sciences sociales font usage de plusieurs langues au quotidien. Ils/elles lisent et se réfèrent à des publications en anglais dans leurs travaux et sont incité-e-s à publier en anglais pour avancer dans leurs carrières. Même lorsque ils/elles décident d’écrire en français, ils/elles sont souvent contraint-e-s à des emprunts tels que «scaling» ou «capabilities» et à des traductions bâtardes comme «empouvoirement», qui rendent leur propos plus opaque. Si ils/elles font des terrains à l’étranger, ils/elles doivent apprendre une langue autre que leur langue d’étude, puis traduire les données au moment de l’écriture. Et même lorsque leurs sujets de recherche viennent de la même région linguistique, les vocabulaires, expressions et manières de parler d’univers sociaux différenciés et étrangers rendent parfois l’intercompréhension difficile et demandent des efforts de traduction.

 

Cette multiplicité de langues et de langages en sciences sociales soulève de nombreuses questions auxquelles les chercheur/ses sont confronté-e-s dans leur pratique. A l’image de la Suisse, les sciences sociales (et la sociologie en particulier) parviennent-elles à «faire communauté» malgré des langues et des langages pluriels ? Ou bien sommes-nous confrontés à une tour de Babel où des réseaux isolés dans des sous-champs bien particuliers parlent leur propre langue, sans qu’un savoir commun puisse émerger de cette cacophonie? Quant aux jeunes chercheur/ses, ils et elles sont confrontés à des difficultés de stratégies langagières et linguistiques. Ont-ils/elles intérêt à miser sur une seule langue et à se spécialiser dans un langage théorique et/ou méthodologique particulier? Ou bien doivent-ils/elles chercher la polyvalence, y compris au plan linguistique, afin de poursuivre les opportunités professionnelles et scientifiques là où elles se présentent ?

 

L’Université d’été du RéDoc à Neuchâtel/2019 sera l’occasion de développer une réflexion sur les enjeux du plurilinguisme académique au sein et entre les disciplines des sciences sociales. Les doctorant-e-s confronté-e-s à ces défis auront l’opportunité de partager leurs questionnements et stratégies. Par ailleurs, s’ils/elles conduisent des recherches à l’international, ils/elles pourront contribuer à des échanges sur la traduction et l’analyse des propos «indigènes». Les intervenant-e-s s’exprimeront sur le plurilinguisme, soit par une réflexion sur ses implications épistémologiques, soit par des considérations d’ordre plus pratique à l’égard des doctorants. Quatre axes de réflexion seront développés en particulier:

 

  •       Langues de terrain. Au niveau méthodologique, la diversité des langues soulève de nombreux défis. C’est le cas bien sûr lorsqu’on fait un terrain dans des régions linguistiques différentes et qu’il faut trouver des solutions pour dépasser les divisions linguistiques, tant au moment de l’enquête de terrain qu’au moment de l’analyse, de l’écriture et de la restitution. Comment rapporter, dans un article, des propos recueillis dans une langue différente? Comment gérer les différents moments de traduction, de l’expérience de terrain à la prise de notes et à l’écriture d’un article en français ou anglais, en conservant au maximum la richesse de la langue ? Ces questions se posent de manière tout à fait similaire lorsque le terrain «parle la même langue» que nous : la diversité des univers sociaux fait que nous sommes, là aussi, amenés à procéder à des formes de traduction tout au long de l’enquête, qui se doublent souvent d’enjeux épistémologiques liés à des différences de positions sociales entre observateurs et enquêtés. Finalement, la question des langues de terrain se pose à nouveaux frais dans le contexte de terrains numériques et des traces digitales de nos objets d’études. Comment traduire et analyser le langage digital (posts Facebook, tweets, photos et hashtags sur Instagram,..) ?

 

  •       Spécialisation et incompréhension. Face à la diversité théorique et méthodologique des sciences sociales, les jeunes chercheur/ses ont tendance à se spécialiser dans une approche théorique et méthodologique particulière, souvent celle de leur direction de thèse. Ce faisant, ils/elles participent à la reproduction des clivages qui traversent les champs disciplinaires. En sociologie, la spécialisation de plus en plus grande en sous-champs (sociologie des migrations, du travail, des parcours de vie, …), autour de communautés de chercheur/ses distinctes, rend difficile l’émergence de théories et d’approches transversales. D’un autre côté, une approche éclectique qui chercherait à mettre en rapport les différentes «niches» théoriques et méthodologiques comporte des risques importants dans un domaine où les possibilités de carrières dépendent de réseaux relativement étroits et les carrières se font précisément au sein des sous-champs. Quelles en sont les conséquences pour la sociologie et, de manière générale, pour les sciences sociales ? Il s’agit de réfléchir aux problèmes que cette variété de langages pose aux chercheur/ses, mais aussi aux avantages éventuels d’une telle diversité—malgré les incompréhensions qu’elle entraîne—pour la recherche.

 

  •       Choix linguistiques et carrières académiques. L’anglo-centrisme des sciences sociales renforce l’idée selon laquelle les chercheur/ses qui ne publient pas en anglais doivent renoncer à une carrière scientifique. Au lieu de déplorer l’hégémonie anglo-saxonne, il s’agit de réfléchir à des parcours alternatifs ou à des moyens de satisfaire ces exigences sans pour autant sacrifier la production et la réflexion dans d’autres langues. Par exemple, quels sont les avantages et les inconvénients de publier en français, ainsi que de faire traduire les textes avant (ou après) leur publication ? Sous cette rubrique, il s’agit également d’interroger les ressorts de cette hégémonie, tels que les critères de sélection employés par des revues en différentes langues ou la construction des indicateurs d’impact, et de considérer les moyens à la disposition des éditeurs de revues francophones pour attirer des propositions d’articles et assurer leur diffusion. Finalement, il s’agit aussi de porter un regard critique sur la place du français, dans le passé et actuellement, dans le paysage international des sciences sociales.

 

  •       Langage théorique et diffusion. L’analyse du monde social exige des constructions théoriques complexes et un ensemble de concepts inconnus du grand public. En même temps, des sciences sociales qui ne «parlent» pas aux acteurs sociaux et politiques sont condamnées à des critiques souvent féroces quant à leur prétendue inutilité, sans compter la réduction de soutiens financiers déjà exigus. Comment traduire le langage académique en un langage à même de susciter l’intérêt du public et des médias ? La montée en puissance des réseaux sociaux (Twitter, Facebook, etc.), blogs et autres plateformes digitales où sont débattus des problèmes de société en des termes souvent simplistes donne à cette problématique toute son actualité. Par ailleurs, de plus en plus d’institutions académiques valorisent voire exigent l’intervention des chercheur/ses dans le débat public. Les plateformes digitales, de même que d’autres formats, sont devenues des endroits où ceux-ci s’expriment, et constituent ainsi de nouveaux modèles de diffusion des connaissances, tant au sein de la communauté scientifique qu’en dehors. Cet axe s’intéresse aussi bien à l’expérience de chercheur/ses qui ont franchi le pas vers la médiatisation de leur recherche (ou souhaitent le faire) qu’à celle d’acteurs formés dans la recherche académique et qui ont su faire usage de ses outils théoriques dans d’autres milieux. Il appelle aussi les doctorant-e-s soucieux d’une plus grande visibilité ou encore ceux qui envisagent une carrière en-dehors du monde académique à partager leurs idées et leurs expériences sur les possibilités d’obtenir une plus grande diffusion sans trahir la rigueur intellectuelle propre à la discipline.

 

L’appel et dépôt des candidatures des doctorants.es se fera sur le site du RéDoc entre le 14 septembre et le 2 novembre 2018. Sont éligibles tous les doctorants actifs dans un programme d’études doctorales en sociologie/sciences sociales, le nombre de places est limité à 48. Les doctorants des Écoles doctorales membres du RéDoc ont une priorité et des frais d’inscription réduits (75$CND) ; lors des éditions précédentes, environ le quart provenaient d’ED non membres, les frais d’inscription pour ces doctorants sont de 150$CND. Sous réserve de l’obtention des subventions demandées par le comité organisateur, un soutien financier pourra être accordé à quelques doctorants du Sud.

 

Calendrier

14 septembre au 2 novembre 2018 : dépôt des candidatures sur le site du RéDoc

1er décembre 2018 : annonce des résultats au candidats.es (acceptation, refus, liste d’attente)

15 décembre 2018 : confirmation de participation par les candidats.es acceptés.es

15 janvier-15 février 2019 : période de paiement des frais d’inscription et de réservation/paiement des frais de résidence (en ligne sur le site du RéDoc)

1er avril 2019 : diffusion du programme final

24 au 28 juin 2019: tenue de l’Université d’été

 

Pour s’inscrire

Hébergement 

École d’hôtellerie/School of Hotel Management (IHTTI), Neuchâtel, Suisse.

Les réservations se feront sur une plateforme de paiement associée au site de la 10e Université du RéDoc en janvier/février 2019. Le montant sera de 70 $ CND/par nuit, petit déjeuner inclus.

 

Comité scientifique

Philip Balsiger, Université de Neuchâtel, Responsable du comité local

Jacinto Cuvi, Université de Neuchâtel

Mihaela Nedelcu, Université de Neuchâtel

Jean-Marc Larouche, Université du Québec à Montréal, Président du Rédoc

 

Conférenciers/ères confirmé.e.s

Myriam Achour Kallel, IRMC Maghreb, Tunisie

Hélène Combes, Sciences Po Paris, France

Janine Dahinden, Université de Neuchâtel, Suisse

Pierre Fournier, Professeur de sociologie à l’Université d’Aix-Marseille, France

Monique Hirschhorn, Université Paris-Descartes, France

Cornelia Hummel, Université de Genève, Suisse

Céline Lafontaine, Université de Montréal, Canada

Désiré Manirakiza, Université catholique d’Afrique centrale, Cameroun

David Paternotte, Université libre de Bruxelles, Belgique

 

Information

Pour toute information, communiquez avec la coordonnatrice scientifique du RéDoc, Pauline Neveu : coordination.redoc@aislf.org

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9e Université d’été du RéDoc à Ottawa, juin 2018

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La dernière Université d’été du RéDoc a eu lieu au Canada à l'université d'Ottawa du 18 au 22 juin 2018 sur le thème :

« De l’observation à la production de connaissances : les médiations dans la recherche en sciences sociales», sous la responsabilité de Nathalie Mondain.

Le rapport de cette université :
disponible ici !