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Appel à contribution – Penser les frontières, passer les frontières ? – Nantes (France), 12, 13 et 14 décembre 2019

Publié le mercredi 31 octobre 2018 à 16 h 09 min par Pauline Neveu.

Ville de Nantes (France)

 

 

Penser les frontières, passer les frontières ?

Colloque international – CENS, Centre nantais de sociologie (UMR CNRS)

En partenariat avec avec l’AISLF

Appel à contribution officiel

12, 13 et 14 décembre 2019
à Nantes (France)

 

 

Argumentaire du colloque

Le colloque international « Penser les frontières, passer les frontières » entend s’intéresser aux frontières tout à la fois dans l’acception usuelle de limite qui, naturellement, détermine l’étendue d’un territoire ou qui, par convention, sépare deux États et fait obstacle aux déplacements des personnes mais aussi dans l’acception figurée courante dans les sciences sociales de limite ou point de séparation entre deux groupes différents et/ou opposés (classes sociales, professions, groupes sexués, groupes ethniques, …) ou encore entre deux espaces différents et/ou opposés (famille et marché, privé et public, travail et loisir, savant et profane, pur et impur…).

Le colloque invite à considérer que non seulement les humains mais aussi les non-humains (plantes, animaux, virus…), les idées et les objets se déplacent, franchissent des frontières et suscitent des entreprises et des pratiques de surveillance, d’hospitalité ou au contraire de containment et de rejet. Il invite aussi, contre tous les fantasmes de mobilité généralisée, à mettre au jour la sélectivité sociale du franchissement des frontières, que celles-ci soient matérielles, juridiques ou symboliques.

Ce colloque s’adresse donc aux spécialistes des migrations et des politiques migratoires mais aussi, plus largement, à tou·te·s les chercheur·se·s et doctorant-e-s en sciences sociales que la notion de « frontière » intéresse, y compris dans ses acceptions figurées. Loin de considérer ces frontières comme déjà-là et éternelles, le colloque invite à explorer leur genèse mais aussi leurs recompositions (des frontières fixes aux frontières mouvantes et délocalisées, des frontières visibles aux frontières invisibles), et à mettre au jour les conditions sociales de leur porosité ou de leur fermeture. Il s’agit également de s’intéresser à la dynamique des frontières, aux « choses » que les frontières définissent (des catégories, des entités, des territoires, des États), plutôt qu’aux frontières entre des choses préétablies.

Dans cette perspective, les frontières seront envisagées comme des constructions sociales et saisies à travers la diversité des institutions, des objets et des acteurs qui les font exister : des scientifiques jusqu’aux migrants, des fonctionnaires jusqu’aux passeurs sans oublier ceux qui font profession ou commerce de leur contrôle, de leur surveillance, de leur franchissement, de leur abolition ou de la négociation quotidienne de leur sens. Les cartes, papiers d’identité, planches anatomiques, certification, normes, bases de données, classifications, concours et toutes autres formes matérielles et immatérielles sans lesquelles les frontières ne sauraient exister feront aussi l’objet d’une attention privilégiée. Les approches pourront se centrer sur les effets biographiques de ces « traversées des frontières », sur les ruptures et/ou continuités qu’elles peuvent induire en termes d’appartenances.

Ce colloque sera ainsi l’occasion de s’intéresser à la variété des acteurs sociaux qui gravitent autour des frontières que celles-ci soient physiques ou métaphoriques, matérialisées ou non par des dispositifs de contrôle : celles et ceux qui les produisent ou les définissent et en fixent le droit d’entrée, celles et ceux qui en contrôlent ou en ouvrent le passage, mais aussi celles et ceux qui, étrangers, transfuges ou encore parias, les traversent, les transgressent ou s’y trouvent bloqués ; celles et ceux encore qui y vivent ou qui en vivent ; celles et ceux enfin qui les étudient, les pensent, les catégorisent. Ainsi abordé, le thème des frontières se révèle ouvert à de multiples contributions présentant des recherches empiriques portant sur diverses époques et contextes nationaux comme sur divers groupes (nationaux, sociaux, professionnels, ethniques, sexués, etc.). Le colloque peut aussi être l’occasion de réflexions plus épistémologiques ou théoriques sur la notion même de frontière et ses apparentées, leurs usages savants et politiques ou encore des réflexions sur les frontières disciplinaires et leur franchissement.

La thématique générale des frontières pourra être abordée suivant six sous-axes :

 

Les axes de discussion

Les communications et les échanges durant les deux journées du colloque seront déclinés
selon les quatre axes suivants :

  • Axe 1 –Frontières terrestres, géographiques, nationales
  • Les frontières pourront tout d’abord être saisies dans leur acception la plus commune,
    qui renvoie aux limites géographiques ou administratives séparant deux territoires. On
    s’intéressera alors au travail de construction dont elles font l’objet et inséparablement,
    aux acteurs et institutions qui s’en saisissent pour leur donner corps, les rendre réelles,
    en permettre le franchissement, ou au contraire, le non-franchissement. Comment et par
    quels processus les frontières sont-elles matérialisées, investies, travaillées ? Par qui et
    avec quels effets en matière de migration ou de circulation ? Cette perspective invite à
    s’intéresser aux différents niveaux et acteurs de l’action publique – au sein de l’État, des
    institutions de pouvoir et des instances intermédiaires – appliquant les politiques, ainsi
    qu’aux individus eux-mêmes qui sur le terrain, s’y ajustent, les subissent ou leur
    résistent, voire les transgressent.

 

  • Axe 2 – Frontières du social
  • Ni substantielles, ni atemporelles, les frontières plus ou moins objectives et/ou
    symboliques qui séparent les classes, les sexes, les groupes ethniques seront
    appréhendées comme des constructions sociales et historiques. Faisant le pari qu’il est
    fructueux de réfléchir de concert aux frontières entre classes, sexes et groupes
    ethniques, il s’agira de proposer des approches empiriques et contextualisées de la
    fabrication, de l’abolition, de la recomposition ou du contrôle de ces frontières. Les
    contributions pourront porter sur les personnes, mais aussi sur les objets, les dispositifs,
    les normes, les pratiques ou les méthodes qui passent les frontières sociales. Elles
    s’intéresseront autant aux acteurs qu’aux institutions, groupements, processus et
    situations qui volontairement ou non contribuent à les abolir, les brouiller ou au
    contraire à les renforcer. Le développement de frontières internes aux classes, sexes et
    groupes ethniques moins souvent étudiées que leurs frontières externes et propice à
    l’examen de l’intrication des diverses frontières pourra aussi être étudié avec profit.

 

  • Axe 3 – Entre public et privé
  • Dans ce sous axe, les frontières seront analysées sous l’angle de ce qui oppose et sépare
    le public et le privé et leurs déclinaisons sémantiques : le collectif et l’individuel, le
    commun et le personnel, le politique et le domestique, le visible et l’intime. Plus
    précisément, il s’agit de s’emparer de la question de la définition et de la maîtrise de la
    frontière entre le public et le privé, et ce, selon une double approche. D’une part, elle
    pourra être abordée sous l’angle des luttes historiques et institutionnelles à propos de la
    construction de la distinction entre le public et le privé quels qu’en soient les enjeux : la
    différenciation performative entre vie collective et vie intime, la distinction entre ce qui
    relève du domaine public et ce qui n’en relève pas, entre ce qui peut être dévoilé à
    tou·te·s et ce qui doit rester secret.
    D’autre part, les frontières entre le public et le privé peuvent aussi être interrogées du
    point de vue de ce qu’elles font à des individus inégaux dans leurs capacités à en jouer, à
    les instrumentaliser, à les transgresser, ou encore à maîtriser l’image publique de leur
    sphère privée.

 

  • Axe 4 – Frontières professionnelles
  • La déstabilisation de l’emploi – comme forme sécurisée du travail salarié – et la montée
    du chômage de masse ne cessent, depuis la fin des années 1980, de brouiller les
    frontières entre travail salarié et travail indépendant, entre travail rémunéré et travail
    bénévole. Conjointement, ce sont les espaces de travail eux-mêmes qui voient leurs
    limites bouger : l’entreprise, ses murs, ses bureaux, ses postes individualisés perdent
    progressivement leur place de lieu de travail attaché à l’emploi au profit d’open-spaces,
    d’espaces de co-working où la mobilité et la flexibilité s’imposent jusque dans les corps.
    Les cadres traditionnels du travail sont également remis en cause par la sous-traitance,
    la précarisation ou encore les multiples formes d’entrepreneuriat. On pourra ainsi
    s’intéresser aux effets de ce double mouvement de précarisation des emplois et de
    réenchantement du travail indépendant sur les groupes professionnels. La porosité
    grandissante des frontières du monde du travail pourra ainsi être abordée à partir
    d’enquêtes empiriques au sein d’entreprises privées (commerciales et associatives) et
    publiques, au sein de collectifs de travail, auprès de catégories plus isolées de
    travailleurs, où ces tensions s’observent. Les contributions pourront s’attacher tant aux
    institutions qu’aux individus, à leurs pratiques, leurs intentions, leurs stratégies, leurs
    marges de manœuvre, leurs contraintes.

 

  • Axe 5–Frontières disciplinaires et méthodologiques
  • Le découpage en disciplines correspond à un modèle d’organisation du savoir qui peut
    varier selon les institutions, les pays et les périodes. Le tracé des frontières,
    disciplinaires ou scolaires constitue un enjeu épistémologique fort qui peut être objet de
    négociations, de résistances, de tensions, de conflits, voire d’impérialismes, ou de
    réflexions sur la notion de science ouverte. Les contributions pourront ainsi interroger la
    genèse de ces contours, le rôle des acteurs et les effets que ces séparations disciplinaires
    exercent sur le monde social. Enfin, elles pourront rendre compte des évolutions et des
    recompositions de ces frontières sous l’effet de la promotion de l’interdisciplinarité et de
    la transdisciplinarité, des incitations ou des réformes institutionnelles, ou encore des
    intérêts propres des chercheur·se·s. De même, au sein de chaque famille de disciplines,
    les choix de méthodes ne sont pas sans effet sur les découpages des frontières du social.
    Des communications pourront par exemple s’intéresser à l’intersectionnalité, aux
    catégorisations statistiques, à la fixation des frontières temporelles en histoire (bornes,
    cycles, périodes, phases, événements) ou encore aux effets que les définitions des
    frontières entre groupes produisent sur la mesure de la mobilité sociale.

 

  • Axe 6–Frontières de l’humain
  • Les frontières entre espèces, entre humains et non-humains, entre vivant et inerte ou
    entre domestique et sauvage ne sont pas plus éternelles ni substantielles que les autres.
    Elles ne sont pas réductibles à la seule question de la technique et de ses usages.
    L’histoire de la frontière entre nature et culture, longtemps structurante des modes de
    pensée occidentaux, est aujourd’hui revisitée par la philosophie et les sciences sociales.
    En explorant l’histoire des cultures comme l’histoire des sciences, en étudiant des
    controverses scientifiques ou encore des crises sanitaires ou écologiques
    contemporaines ainsi que les mobilisations politiques et citoyennes qu’elles suscitent, il
    s’agira de mettre en lumière les mécanismes de construction et de catégorisation des
    « existants » dans leur diversité comme les mécanismes de contrôle, de dissolution ou de
    recomposition des frontières qui les séparent. Les contributions pourront focaliser
    l’attention sur les êtres, les idées, les dispositifs qui franchissent ces frontières comme
    sur les actions politiques ou les entreprises scientifiques ou culturelles qui les mettent
    en cause.

 

Calendrier

5 octobre 2018 : Diffusion de l’appel à communications.
14 décembre 2018 : Date délai pour le retour des propositions
mi-février 2019 : Réponse aux propositions reçues
12, 13 et 14 décembre 2019 : Tenue du colloque

Format : Une note d’intention de 3000 à 4000 caractères maximum times new roman caractère 12 qui intègre questionnement/problématique, modes d’enquêtes, matériaux, et qui précise le sous-axe dans lequel la proposition s’inscrit.

Public concerné : doctorant-e-s et chercheur-e-s en sciences sociales

Contact

cens-colloque-aislf@univ-nantes.fr

 

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« De l’observation à la production de connaissances : les médiations dans la recherche en sciences sociales», sous la responsabilité de Nathalie Mondain.

Le rapport de cette université :
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