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En route vers Ottawa! 9e Université d’été du RéDoc/AISLF, du 18 au 22 juin 2018

Publi� le lundi 19 juin 2017 � 8 h 31 min par Romain Paumier.

De l’observation à la production de connaissances : les médiations dans la recherche en sciences sociales

9e Université d’été du RéDoc/AISLF

Université d’Ottawa, Canada

Du 18 au 22 juin 2018

 

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Programme final

Vers le site de l’événement

Situé au cœur de la capitale nationale canadienne, le campus de l’Université d’Ottawa offre un cadre privilégié pour la 9e Université d’été du RéDoc (Réseau des Écoles doctorales en sociologie/sciences sociales de l’AISLF[1]). En effet, au carrefour des enjeux linguistiques et culturels nationaux (groupes minoritaires francophones, nations Autochtones), la Faculté des sciences sociales et, en son sein, l’École d’études sociologiques et anthropologiques, porte en elle le socle des débats relatifs aux catégories classifiant les phénomènes et groupes sociaux. Cette rencontre, centrée sur les médiations sociales dans le processus de recherche, s’avère donc particulièrement pertinente en ces lieux. Le programme préliminaire de la semaine est dès à présent consultable : cliquer ici.

L’objectif consiste à appréhender la recherche et particulièrement le terrain de recherche ou d’enquête comme un ensemble de relations sociales qui contribuent à la production de connaissances. Il s’agit notamment de revenir sur la notion de « données » trop souvent associée aux informations recueillies au fil de la recherche sans tenir compte des dynamiques relationnelles qui ont pourtant contribué à les produire. Ces relations sociales sont au cœur du processus de recherche et elles peuvent être décrites en recourant à la notion de médiations sociales.

Si cette notion renvoie en premier lieu au rapport entre l’observateur et l’observé dans la production de connaissances, il s’agit aussi des différentes formes de médiations qui jalonnent le « chemin » menant de la conception de l’objet de recherche à l’observation jusqu’à la construction de données qui seront ensuite analysées, interprétées et traduites sous formes de nouvelles connaissances. Cette perspective permet de mieux appréhender les problèmes et enjeux que pose le découpage de la réalité étudiée en catégories préétablies ou construites en cours d’enquête (terrain de recherche), notamment celui de la reproduction des discours dominants souvent déconnectés de la réalité sociale.

Le programme scientifique, composé de conférences et ateliers, sera structuré en cinq principaux axes.

  • Les médiations sociales dans la régulation de la recherche

La définition d’un objet ou d’une thématique de recherche, loin de n’être que le fruit d’un déficit des connaissances existantes qu’il s’agirait de combler, s’inscrit dans un espace social complexe dessiné notamment par les différentes institutions (agences, conseils, fonds) qui régulent, structurent et financent des programmes de recherches dans la mouvance des transformations politiques, économiques et sociales contemporaines. Ainsi, la définition de l’objet ou la thématique de recherche devient le résultat de diverses médiations sociales qui influent sur la démarche même de la recherche ainsi que sur le statut des connaissances à produire (caution, légitimation, instrumentalisation).

  • Partenariats institutionnels et collaborations dans la recherche : des formes de médiations diversifiées

Il s’agit ici de revenir sur les formes de partenariat et de collaboration établies dans le cadre des recherches en sciences sociales (notamment vécues sur le terrain) en tenant compte à la fois des personnes qui vivent les expériences sociales étudiées, des différents acteurs mobilisés par le terrain de recherche (enquêteurs-trices, facilitateurs, personnes ressources locales, etc.) et de l’intégration de plus en plus marquée d’organisations de la société civile ou parfois d’organes décisionnels dans le terrain de recherche. De plus, certaines collaborations, qu’elles soient institutionnelles ou non, se construisent au fil de la recherche et ne sont pas toujours prévues en amont. Quelles formes de médiations s’établissent entre ces acteurs et le chercheur? Quelles en sont les conséquences pour la construction de l’objet de recherche de même que les choix méthodologiques retenus? Et enfin, comment appréhender des situations d’enquête pouvant facilement être considérées comme biaisées parce que limitées à un réseau social spécifique excluant de ce fait des individus également concernés par les enjeux soulevés?

  • Les catégories d’analyse, expression des médiations mises en œuvre sur le terrain

Au-delà de la définition de l’objet, le statut de l’information à construire par le chercheur retient son attention dès le début du terrain. En effet, ni l’observation, ni l’espace social dans lequel elle est localisée, ne constituent des « données » en soi. C’est grâce à la description des médiations à travers lesquelles des connaissances passent entre l’observateur et l’observé qu’il devient possible de donner sens à celles-ci et donc à  l’objet étudié. Par cette approche, le chercheur est alors en mesure de revenir de manière critique sur certaines catégories préétablies telles que l’âge, le sexe, la notion de ménage, etc. On ne peut en effet systématiquement partir du postulat que les êtres se définissent dans leur quotidien par les classifications ordinaires et, même si c’est le cas en apparence,  les traduire en termes de connaissances de la réalité sociale constitue alors l’essence du travail du chercheur. Passer  cette opération de traduction sous silence risquerait de conduire à une forme d’administration de la population par l’usage de catégories de sens commun, souvent reprises voire développées à des fins politiques. D’où viennent et comment l’ensemble des acteurs du social s’emparent et transforment les catégories? Une telle réflexion permettra d’approfondir les débats et enjeux autour des biais liés aux catégories désignant les personnes et réalités qui sont au cœur des enquêtes.

  • La restitution des résultats, un processus de médiation entre les acteurs de la recherche

Si l’on part de l’idée d’échange de connaissances entre les différents acteurs participant à une recherche, incluant les sujets enquêtés, ceci implique alors que ces derniers, au-delà d’être informés des conclusions auxquelles leur participation à la recherche a donné lieu, pourraient y apporter des nuances, voire suggérer de nouvelles pistes de réflexion aux chercheurs. Cette restitution souvent perçue comme un « moment unique» intervenant à la fin du processus de recherche doit être questionnée dans ses trois principales dimensions : quoi restituer, à qui et comment (quand et par quels canaux de communication)? Il s’avère également crucial de réfléchir aux enjeux d’une restitution de résultats de recherche : éthiques, politiques, méthodologiques. On peut alors  songer à une  restitution continue jalonnant les étapes d’une recherche : ceci permettrait de mieux comprendre comment les médiations sociales en jeu jouent un rôle à la fois de continuités et de transformations de la réalité sociale dans le processus de construction des données et de production des connaissances.

  • Le chercheur, médiateur des savoirs

Le chercheur  joue un rôle important tant dans le milieu académique que dans l’espace public dans la mesure où il est appelé à mettre au jour  les processus d’apprentissages socio-collectifs mobilisés et réactivés dans la production de connaissances. Cette tâche particulière est notamment réalisée par un travail de description de la réalité observée et des opérations de traduction que le chercheur est amené à accomplir pour en produire des connaissances. De la sorte, la recherche atteint une visée émancipatrice puisque le statut « réel » des sujets apparait au grand jour, détaché des « étiquettes » de sens commun au fond extérieures à l’espace social dont ils font partie.  Ainsi, il devient possible de mieux comprendre certains phénomènes d’action collective qui semblent à première vue irrationnels à en juger le traitement que les médias en font (ex. le vote inattendu envers un acteur politique ou une politique) et de les (re)connecter à une réalité sociale. On passe ainsi d’une perspective où les médiations constituent l’objet de recherche (l’observation comme le fruit d’un ensemble de médiations) à une perspective où la médiation devient action du chercheur.

Comité scientifique
Nathalie Mondain, Université d’Ottawa, Canada

Stéphanie Gaudet, Université d’Ottawa, Canada

André Tremblay, Université d’Ottawa, Canada

Brieg Capitaine, Université d’Ottawa, Canada

Leila Benhadjoudja, Université d’Ottawa, Canada

Jean-Marc Larouche, Président du RéDoc, Université du Québec à Montréal, Canada

Conférenciers confirmés 

Rokhaya Cisse (LARTES-IFAN, Sénégal)

Karine Gentelet (Université du Québec en Outaouais, Canada)

Jean-Alain Goudiaby (UASZ, Sénégal)

Loes Knaapen (Université d’Ottawa, Canada)

Fatima Ait Ben Lmadani (Université Mohammed V, Maroc)

Marie-Josée Massicotte (Université d’Ottawa, Canada)

Jean de Munck (Université Catholique de Louvain, Belgique)

Jean-Pierre Olivier de Sardan (EHESS Marseille, LASDEL Niger)

Sébastien Pesce (Université de Tours, France)

Sara Randall (University College London, Royaume-Uni)

Paul Sabourin (Université de Montréal, Canada)

Willow Scobie (Université d’Ottawa, Canada)

Marguerite Soulière (Université d’Ottawa, Canada)

Karine Vanthuyne (Université d’Ottawa, Canada)

 

Appel de candidatures : 15 septembre au 24 novembre 2017

L’appel de candidatures (limite de 48 participants) ouvert aux doctorants.es de diverses disciplines en sciences humaines et sociales sera ouvert du 15 septembre au 24 novembre 2017 sur le site du RéDoc . Les doctorants.es seront invités.es à réfléchir à la façon dont se constituent sur leur «terrain de recherche» les différentes formes de médiations qui se manifestent en amont et en aval de leur projet et comment celles-ci orientent leur processus de production de nouvelles connaissances? Ils pourront inscrire leur proposition dans l’un ou plusieurs de ces axes pour alimenter la réflexion commune tout en se concentrant sur leur propre projet de recherche. Selon la disponibilité des fonds reçus à cette fin, le comité scientifique réservera un certain nombre de places pour des doctorants des pays du Sud dont les frais de transport et de séjour seront pris en charge par le comité d’organisation.

Pour toute information : Romain Paumier, coordonnateur scientifique du RéDoc rm.paumier[a]gmail.com

 

[1] Association internationale des sociologues de langue française.

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